Écrire après minuit 🌙

Écrire après minuit est une pratique assez courante pour moi, pas parce que je suis plus inspirée qu’à 15h30, ni parce que la lune aurait un effet mystique.
En réalité, je crois que j’écris surtout parce que c’est le moment où je réfléchis le moins.
La journée, j’analyse tout ce que je viens d’écrire.
"Est-ce que c’est bien ? Est-ce que c’est beau ? Est-ce que je suis légitime ? Est-ce que je me dévoile trop ? Est-ce qu’on va me reconnaître ? .... "
Alors, je coupe, censure ce qui pourrait être beau.
La nuit c’est différent.
Écrire après minuit, sans réfléchir
Sous les étoiles, j’ai moins cette capacité à juger, contrôler et pourtant les mots parviennent à s’associer, les phrases se couchent sur le papier sans pour autant avoir l’esprit réveillé.
Je commence par une phase puis s’enchaîne les autres devenant un poème ou seulement quelques mots qui n’auront peut-être jamais de suite.
À cet instant, je ne cherche pas à savoir ce qu’un autre penserait du texte qui est en train de naître. Non, il est juste là pour dire ce que je ne prononcerai peut-être jamais. En tout cas d’une aussi belle façon.
Écrire après minuit, pour sortir quelque chose
Dans de rares cas il m’arrive de faire la différence entre écrire pour créer et écrire personnellement.
Quand j’écris pour seulement créer, j’ai l’impression que c’est une tâche dix fois plus difficile, je réfléchi absolument à tout. La formulation, les passages que je modifie vingt fois pour les supprimer, ceux que je ne cesse de déplacer.
Lorsque j’écris un texte plus intime, je dépose ce que je ne parviens plus à garder mais que je ne veux pas formuler pour diverses raisons. D’ailleurs pour cela, j’ai un carnet qui y est dédiée. Oui, à mon âge, j’ai un journal intime.
Écrire après minuit mais parfois, le dessin
Loin d’être Frida Kahlo ou encore Niki de Saint Phalle, il m’arrive de dessiner lorsque les mots n’existent pas. Il y a plein de choses à dire, à crier, mais les mots disparaissent alors je prends un crayon de bois et je griffonnne.
Des formes pas très en forme, des visages, des silhouettes pas très chouettes et parfois là aussi sous la lune la magie opère.
C’est étrange de voir comment on peut reussir à passer d’un moyen à un autre.
Quand les mots fonctionnent, les textes brillent et quand ils ne fonctionnent plus, alors l’art illumine.
Le principe est finalement assez proche : mettre à l’extérieur quelque chose qui reste en nous.
Et vous ?
Est-ce que vous avez aussi un moment où vous arrivez plus facilement à écrire ou à créer ?
Lorsque les mots ne viennent pas, est-ce que vous avez une autre manière de vous exprimer ? Le dessin, la musique, la photographie, la peinture ou autre chose ?
Vous pouvez me raconter tout ça dans l’espace commentaire.